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Juste et saint – Commentaire pour les époux : Marc 6,17-29

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

   En ce temps-là, Hérode avait donné l’ordre d’arrêter Jean le Baptiste et de l’enchaîner dans la prison, à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe,
que lui-même avait prise pour épouse. En effet, Jean lui disait : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère. » Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ;
quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir. Or, une occasion favorable se présenta quand, le jour de son anniversaire, Hérode fit un dîner pour ses dignitaires, pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée. La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa.
Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai. » Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c’est la moitié de mon royaume. » Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu’est-ce que je vais demander ?  » Hérodiade répondit : « La tête de Jean, celui qui baptise. » Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment et des convives, il ne voulut pas lui opposer un refus. Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison. Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère.   Ayant appris cela, les disciples de Jean vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau.

          – Acclamons la Parole de Dieu.

Juste et saint
Aujourd’hui, nous fêtons le martyr de Saint Jean Baptiste, le premier martyr pour avoir défendu la vérité du mariage.  Sa mission a été de préparer le chemin de la rencontre avec Jésus, de disposer les cœurs par la docilité à la volonté de Dieu jusqu’au don de sa vie. Il l’a fait en appelant les gens à la conversion et en prêchant la vérité en toutes circonstances. C’est ce qui a fait de lui un homme juste et saint. 
Nous aussi, en tant qu’époux, nous sommes appelés à être Jean- Baptiste pour l’autre, à nous aider à préparer nos cœurs et à nous mettre en chemin vers la rencontre et l’union avec Jésus, mais pas en imposant ou en contrôlant l’autre, parce que nous ne sommes pas la source du bien de l’autre ; la source de tout Bien, c’est Dieu. Nous ne sommes que des instruments et des administrateurs de ce Bien, nous sommes appelés à L’accueillir et à nous Le donner mutuellement. 
Mon époux est un don de Dieu, mais il ne m’appartient pas.  Aimer n’est pas posséder. Celui qui aime recherche le bien de l’être aimé et souhaite lui être agréable, en respectant sa liberté.  Le Catéchisme nous rappelle « qu’il n’y a pas de véritable liberté ailleurs que dans le service du bien et de la justice » (CIC 1733). Le libre arbitre nous permet de choisir, et la Volonté de Dieu nous montre le Bien auquel nous sommes appelés. Notre liberté atteint sa plénitude lorsque nous choisissons librement ce Bien et que nous nous unissons à la volonté amoureuse de Dieu.
C’est pour cela que nous les époux, comme nous nous promettons de nous aimer et de nous respecter tous les jours de notre vie, nous sommes appelés à vivre particulièrement ce respect quand nous accompagnons l’autre dans son chemin vers le Christ, malgré nos rythmes différents. Le mariage, c’est se donner l’un à l’autre, en mettant nos dons au service du bien commun, et nous aider mutuellement à grandir en intimité avec le Christ, sans être un frein pour l’autre et en recherchant toujours le vrai bien de notre époux et de toute la famille.
Dieu Lui-même respecte notre liberté et attend notre ‘oui’. Marie aussi, comme Mère, nous conduit vers Lui sans s’imposer. C’est pourquoi, dans le mariage, nous sommes appelés à nous soutenir sans être un obstacle, en favorisant la rencontre personnelle avec le Christ, en soignant la prière conjugale, et en cheminant ensemble, chacun à son rythme, et en aidant aussi nos enfants à parcourir ce chemin vers notre véritable objectif : le Ciel. 

Appliqué à la vie conjugale : 

Béa : Bruno, on m’a proposé d’aller à une retraite ce week-end. En priant, j’ai senti que le Seigneur me propose cela pour que je ma rapproche davantage de Lui.

Bruno : (reste en silence, mais à l’intérieur, il est blessé que son épouse veuille s’éloigner de lui tout un week-end. Le lendemain, après avoir prié, il lui dit) : Au début, j’avais envie de te dire non. Je pensais aux enfants, à tout ce qu’il fallait faire, et que ce n’était pas le meilleur moment. Mais, pour être sincère, il y avait aussi de l’égoïsme, j’avais du mal de te laisser partir et de devoir rester seul.
Béa : ah Bruno, mon chéri ! Merci beaucoup de me l’avoir dit ! moi non plus je ne voulais pas te l’imposer, je voulais le discerner avec toi, parce que ce que Dieu veut pour moi doit aussi être un bien pour notre mariage et notre famille.
Bruno : c’est aussi ce que j’ai compris après dans la prière. Tu es un don de Dieu pour moi. Et donc, si le Seigneur t’appelle à cette rencontre, je ne veux pas être un obstacle. T’aimer, c’est vouloir ton bien et respecter ta liberté. Je t’aime, Béa.
Béa : merci ! moi aussi je t’aime et si je veux y aller, c’est pour me remplir de Dieu, et non pour m’éloigner de vous. Je veux revenir le cœur plein de Lui pour mieux t’aimer toi et nos enfants.
Bruno : alors pars tranquille. Je reste avec les enfants et je te soutiens. J’ai compris que si Lui veut te faire un cadeau, cela peut aussi devenir un cadeau pour nous tous. Va te remplir de Lui et puis tu me rempliras de bien par tes baisers et tes caresses hahaha
Béa : hahaha.. D’accord, mon coeur. Merci beaucoup, tu m’aides beaucoup à préparer le chemin du Seigneur : sans nous posséder ni nous freiner, et nous rapprocher davantage de Lui. 

Vierge Marie, 

Apprends-nous à être vraiment libres, à choisir toujours le bien et la volonté de Dieu, à toujours Lui dire oui, avec un cœur doux et humble comme le Tien. Bénie sois-Tu, Mère comblée de gloire ! Loué soit le Seigneur à jamais ! 

Être dans la Grâce – Commentaire pour les époux : Matthieu 25, 1-13

EVANGILE
Evangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu 25, 1 – 13

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile.
Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.” Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.” Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.”
Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !” Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.”
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

Être dans la Grâce
En lisant cette parabole, on pourrait penser que les vierges prévoyantes auraient dû laisser une partie de leur huile aux vierges insouciantes. D’un point de vue humain, on peut éprouver de la « pitié » pour ces cinq vierges insouciantes qui ont oublié leur réserve d’huile et qui ont répondu à l’appel de l’époux sans être dûment préparées.
Mais le Seigneur nous donne ici un enseignement très profond : les vierges prévoyantes symbolisent l’attitude du croyant qui vit avec le cœur prêt pour la venue du Christ, et cette attitude est personnelle et intransférable, tout comme la foi et la Grâce. Nous voyons ainsi combien il est important de vivre dans la Grâce, prêts à rencontrer le Seigneur, sans jamais savoir à quel moment cela se produira. Alors, chers époux, soyons prêts ! Recourons fréquemment aux Sacrements, en particulier à la Confession, à l’Eucharistie et à notre Sacrement du Mariage, dans lequel la Grâce se manifeste à chaque acte de don et d’accueil. Et approfondissons notre relation sponsale et notre relation avec le Seigneur à travers la prière conjugale et personnelle. Ainsi, nous serons prêts et veillerons jusqu’à l’arrivée de l’Époux.

Appliqué à la vie conjugale
Michel : Salut, ma chérie. Comment vas-tu ? Tu as l’air très sérieuse.
Anabelle : Ouf ! Tu ne peux pas imaginer… Ma mère vient de m’appeler et m’a annoncé que mon cousin Raphaël est décédé.
Michel : Oh là là, je suis vraiment désolé. Comment ça s’est passé ?
Anabelle : Eh bien, un accident de voiture. Il se rendait à une réunion de travail et une autre voiture lui a coupé la route. J’ai du mal à y croire, c’est comme un cauchemar. Hier encore, je lui parlais et il me racontait qu’ils avaient participé à une retraite pour couples d’époux et à quel point cela avait changé leur vie. Et voilà ce qui arrive, alors que ses enfants sont encore si petits. Et tu sais ce que ma mère m’a dit ?
Michel : Quoi donc ?
Anabelle : Que Marie, qui est désormais sa veuve, est très sereine. Qu’elle a l’esprit tranquille, car ce week-end, ils sont allés à la messe et Raphaël s’est confessé. Ainsi, malgré sa grande douleur, elle a la certitude qu’il est décédé dans la Grâce de Dieu.
Miguel : Quelle foi ! Quel témoignage impressionnant et magnifique ! Si ça te va, prions pour l’âme de Raphaël, et dans quelque temps, nous irons rendre visite à Marie. Elle nous en sera sûrement reconnaissante et nous pourrons lui poser des questions sur cette retraite et sur la façon dont elle a changé leur vie. Ça doit être quelque chose de vraiment extraordinaire.
Anabelle : Merci beaucoup, Michel. J’aimerais beaucoup y aller et participer à cette retraite en mémoire de Raphaël ; je sais que cela lui aurait beaucoup plu.

Vierge Marie,
Tu es pour nous un exemple de foi et d’humilité ; aide-nous à persévérer afin que, le jour où le Seigneur nous appellera, notre cruche soit remplie de la meilleure huile. Béni soit notre Seigneur dans le Saint-Sacrement de l’autel !

Être attentifs. Commentaire pour les époux. Mt 24,42-51

Évangile.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 24,42-51

    En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Veillez,
car vous ne savez pas quel jour
votre Seigneur vient.
    Comprenez-le bien :
si le maître de maison avait su
à quelle heure de la nuit le voleur viendrait,
il aurait veillé
et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
    Tenez-vous donc prêts, vous aussi :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra.
    Que dire du serviteur fidèle et sensé
à qui le maître a confié la charge des gens de sa maison,
pour leur donner la nourriture en temps voulu ?
    Heureux ce serviteur
que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !
    Amen, je vous le déclare :
il l’établira sur tous ses biens.
    Mais si ce mauvais serviteur se dit en lui-même :
“Mon maître tarde”,
    et s’il se met à frapper ses compagnons,
s’il mange et boit avec les ivrognes,
    alors quand le maître viendra,
le jour où son serviteur ne s’y attend pas
et à l’heure qu’il ne connaît pas,
    il l’écartera
et lui fera partager le sort des hypocrites ;
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » 

Être attentifs.

Le Seigneur ne nous demande pas de deviner quand il viendra, mais de nous trouver en train d’aimer ; c’est un appel à vivre dans la vigilance, la fidélité et la responsabilité, non pas par peur, mais par amour pour le Seigneur qui vient. La meilleure préparation à sa venue, c’est la fidélité dans les petites choses : un mot aimable, un pardon offert, un service rendu avec joie. Veiller, c’est ne pas laisser la routine, l’égoïsme ou le confort refroidir l’amour, mais rester attentif aux besoins de l’autre et ouvert à la grâce de Dieu. Dans le mariage, cette vigilance ne consiste pas à attendre un événement extraordinaire, mais à être à l’écoute du cœur de son époux. Le Seigneur vient à notre rencontre dans le besoin de l’autre : dans une fatigue qui demande de la compréhension, dans un silence qui cache une blessure, dans une demande d’aide ou dans une occasion de pardonner. Le « serviteur fidèle et avisé » est l’époux ou l’épouse qui ne cesse de prendre soin de l’amour reçu. C’est celui ou celle qui n’attend pas de se sentir inspiré(e) pour servir, mais qui a fait du service un mode de vie. La fidélité conjugale se construit au quotidien, quand personne ne le remarque et que l’effort semble passer inaperçu. Nous courons le risque de penser : « Mon maître tarde à venir ». Dans la vie quotidienne du couple, cela se produit lorsque nous cessons de prendre soin de notre relation parce que nous pensons qu’il y aura toujours le temps de parler, de demander pardon, de prier ensemble ou d’avoir un petit geste d’attention. Peu à peu, la routine s’installe, l’indifférence s’empare de nous et la recherche de nos propres intérêts prend le dessus. Le cœur s’engourdit et l’amour s’affaiblit. Le Christ nous invite aujourd’hui à rester éveillés. Chaque jour est une occasion d’aimer comme Il aime. Chaque geste de don prépare notre cœur à sa rencontre et renforce l’union conjugale. La meilleure façon d’attendre le Seigneur, c’est qu’Il nous trouve en train de nous aimer, de nous servir et de marcher ensemble vers la sainteté.

 

Appliqué à la vie conjugale :

Monique : Raoul, ça fait plusieurs semaines que nous sommes très débordés au travail et on dirait qu’on n’a même plus le temps de se parler.
Raoul : Attends un instant, Monique, je dois répondre à un message sur mon portable, et ensuite on discutera un peu.
Monique : Tu vois, on dirait que le portable est la chose la plus importante, le meilleur refuge pour ne pas vouloir voir à quel point on s’éloigne l’un de l’autre.
Raoul : Tu as raison, Monique. Je pose tout de suite mon portable. Moi aussi, je m’en rends compte depuis un moment, mais je n’ai pas voulu faire le premier pas pour essayer de résoudre cette mauvaise passe. Je me suis laissé emporter par mon égoïsme, en pensant même que tu ne t’en rendais pas compte.
Monique : Ne t’inquiète pas, moi aussi je me suis laissée emporter et je n’ai pas fait grand-chose pour essayer de me rapprocher de toi ; je me suis réfugiée dans le travail et, une fois rentrée à la maison, le portable était aussi une excellente excuse.
Raoul : Ce matin, j’ai eu un moment pour lire l’Évangile du jour, cela m’a beaucoup touché et je me suis rendu compte que j’attendais depuis longtemps que tu fasses le premier pas, car je ne pensais qu’à moi. Je suis rentré à la maison avec l’intention de changer, et la première chose que j’ai faite, c’est de mettre mon portable entre toi et moi.  
Monique : Moi aussi, j’ai pris un petit moment pour méditer l’Évangile et j’ai réalisé quelque chose de similaire à ce que tu me dis. Commençons : comment s’est passée ta journée ?
Raoul : Tu es merveilleuse. Que dirais-tu si nous nous occupions ensemble des tâches ménagères, que nous couchions les enfants, puis que nous passions un moment rien qu’à nous deux, à partager ce que nous avons sur le cœur, et que nous retrouvions ainsi notre moment de prière ?
Monique : Je pense que c’est la meilleure façon de prendre un nouveau départ je vais donc te raconter tout ce que je médite dans mon cœur depuis un certain temps.
Raoul : J’ai hâte que ce moment arrive ; je t’ai laissée seule ces derniers jours et cela me pèse bien plus qu’il n’y paraît. Je commence à ranger la cuisine et à préparer le dîner.

Il ne s’est rien passé d’extraordinaire. Simplement, l’un des deux a décidé de veiller sur l’amour plutôt que d’attendre que l’autre fasse le premier pas. C’est ainsi que le Seigneur les a trouvés, formant un couple fidèle dans les petites choses.

 

Vierge Marie,

Aide-nous à être chaque jour un couple fidèle dans les petites choses et à veiller à ce que l’amour de Dieu règne dans notre vie. Gloire à Dieu

Les apparences – Commentaire pour les époux (Mt 23, 27-32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 

En ce temps-là,
Jésus disait :
    « Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites,
parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis à la chaux :
à l’extérieur ils ont une belle apparence,
mais l’intérieur est rempli d’ossements
et de toutes sortes de choses impures.
    C’est ainsi que vous, à l’extérieur,
pour les gens, vous avez l’apparence d’hommes justes,
mais à l’intérieur vous êtes pleins d’hypocrisie et de mal.
Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites,
parce que vous bâtissez les sépulcres des prophètes,
vous décorez les tombeaux des justes,
    et vous dites :
“Si nous avions vécu à l’époque de nos pères,
nous n’aurions pas été leurs complices
pour verser le sang des prophètes.”
    Ainsi, vous témoignez contre vous-mêmes :
vous êtes bien les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes.
    Vous donc, mettez le comble à la mesure de vos pères ! » 

Les apparences

Le Seigneur nous invite sans cesse à regarder l’intérieur de notre cœur. L’image des sépulcres blanchis est forte, mais elle constitue aussi un enseignement pour nous. Le problème n’est pas d’avoir des blessures, des faiblesses ou des péchés ; nous en avons tous, mais tant que nous les reconnaissons et luttons pour ne pas pécher, nous continuons à marcher vers Dieu. Le danger commence quand nous cessons de combattre le péché et faisons la paix avec lui. D’abord, nous tombons ; ensuite, nous le justifions : « Ce n’est pas si grave », « je suis comme ça », « tout le monde le fait ». Peu à peu, nous nous habituons à vivre avec lui et nous commençons à le dissimuler, soucieux que cela ne se remarque pas et que les autres ne le voient point. C’est là que commence l’hypocrisie : nous maquillons le mal à l’extérieur tout en le laissant s’installer à l’intérieur. Saint Paul nous avertit : « Il ne faut donc pas que le péché règne dans votre corps mortel et vous fasse obéir à ses désirs » (Rm 6, 12). Car le péché auquel nous laissons une place finit par vouloir occuper le trône. C’est pourquoi nous avons besoin de l’humilité d’ouvrir et de remettre nos blessures au Christ : ce qui est reconnu peut être guéri ; ce qui est caché s’enkyste. Dans le mariage aussi, nous pouvons nous habituer à de petites formes d’égoïsme, de dureté ou de rancœur et finir par les justifier. Que trouve Jésus dans mon cœur quand personne ne me voit ? Y a-t-il quelque chose que je ne me soucie plus de changer ? Jésus ne veut pas que nous ayons l’air propres à l’extérieur ; Il veut nous rendre purs de cœur.

 

Appliqué à la vie conjugale :

Sarah : Encore en train de nous disputer pour la même chose…
Vivien : Bon, nous nous connaissons bien maintenant et c’est toujours ainsi… nous nous énervons, nous nous disons nos quatre vérités et puis ça nous passe… les « disputes habituelles » de n’importe quel couple.
Sarah : Des disputes habituelles ? Eh bien, cela m’inquiète, car nous avons banalisé cela… nous vivons ainsi depuis si longtemps que nous nous y sommes habitués.
Vivien  : Tu as raison, nous avons commencé à pactiser avec quelque chose que nous savons mauvais. La seule chose qui nous préoccupe, c’est si les enfants, les amis ou la famille sont à la maison.

Sarah : Eh bien, tu sais quoi ? Nous avons besoin de reconnaître notre mal, car personne ne cherche de médecin pour une blessure qu’il veut cacher. Je crois que c’est là le plus dangereux. Nous avons besoin de nous tourner vers le Seigneur, nous avons besoin de sa grâce et nous avons besoin d’entamer un chemin de conversion dans notre cœur.

 

Mère,

quand nous nous habituerons à nos faiblesses, réveille notre cœur et ramène-nous auprès de Jésus. Bénie sois-tu !

Menthe, fenouil, cumin…. – Commentaire pour les époux : Matthieu 23, 23-26

Évangile du jour
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 23, 23–26
En ce temps-là, Jésus disait : « Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous payez la dîme sur la menthe, le fenouil et le cumin, mais vous avez négligé ce qui est le plus important dans la Loi : la justice, la miséricorde et la fidélité. Voilà ce qu’il fallait pratiquer sans négliger le reste. Guides aveugles ! Vous filtrez le moucheron, et vous avalez le chameau ! Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous purifiez l’extérieur de la coupe et de l’assiette, mais l’intérieur est rempli de cupidité et d’intempérance ! Pharisien aveugle, purifie d’abord l’intérieur de la coupe, afin que l’extérieur aussi devienne pur. »
Menthe, fenouil, cumin….
Le quotidien d’un foyer et de la vie de famille comporte beaucoup d’« obligations ». Il y a toujours quelque chose à faire : les repas, les lessives, diverses démarches, des activités à organiser, le travail, etc., et ainsi, sans nous en rendre compte, nous pouvons finir par porter toute notre attention sur ce que nous faisons et oublier l’amour que nous y mettons pendant que nous le faisons. Le mariage ne se construit pas en gérant bien les tâches. Il ne consiste pas non plus simplement à éliminer les conflits ou à apprendre des outils pour bien nous entendre. Nous sommes appelés à quelque chose de grand, de magnifique ; à devenir un, à nous aimer dans le Christ et avec le même amour dont le Christ nous aime. C’est pourquoi la question que nous devons nous poser n’est pas : « Combien ai-je fait aujourd’hui ? », mais : « Combien ai-je aimé aujourd’hui ? » Parce que je peux faire énormément pour ma famille et pourtant aimer très peu. Aujourd’hui, Jésus veut nous réveiller : « Vous avez négligé ce qui est le plus important : la justice, la miséricorde et la fidélité. » Où est ta justice, lorsque tu as cessé de reconnaître l’immense don que Dieu t’a donné dans ton époux, lorsque tu n’apprécies plus ce qu’il fait, lorsque tu grossis ses défauts et peut-être même le discrédites devant les autres ? Où est ta miséricorde, lorsque tu découvres son péché, sa faiblesse ou sa limitation et que, au lieu de t’approcher pour le soutenir, tu t’éloignes en le jugeant dans ton intérieur ? Le Christ, lorsqu’Il voit ta misère, ne s’éloigne pas de toi : Il s’approche davantage. Et où est ta fidélité, dans la difficulté, lorsqu’aimer commence à devenir difficile ? … fermes-tu ton cœur, retires-tu la tendresse et mets-tu de la distance, en oubliant que tu as promis de te donner aussi dans l’adversité ? Peut-être fais-tu beaucoup de choses. Peut-être même es-tu épuisé de les faire. Jésus aujourd’hui ne méprise aucune de tes œuvres, mais Il veut que tu regardes à l’intérieur de celles-ci et c’est pourquoi Il vise directement ton cœur, non pour te demander ce que tu fais, mais pourquoi tu le fais, et combien d’amour tu y mets.
Commentaire pour les époux
Jean et Élise sont mariés depuis 50 ans. Il est 21 heures et tous deux sont assis dans le salon silencieux qui, des années auparavant, avait été si plein de vie. Elle lit une revue et lui lit le journal. Le temps est passé très vite, les enfants sont nés, ont grandi et sont partis, les carrières se sont terminées, certains amis ne sont même plus là… Et tandis qu’on entend le bruit de l’horloge murale de la mère d’Élise, qui vit depuis plus longtemps qu’eux, Jean lui demande :
Jean : Élise, est-ce que tu m’aimes ?
Élise : Voyons, Jean… qu’est-ce qui te prend maintenant ?
Jean : Est-ce que tu m’aimes ?
Élise : Eh bien, qu’est-ce que tu en penses, toi ? Cela fait plus de 50 ans que je suis mariée avec toi… nous avons eu 3 enfants, traversé bien des difficultés, j’ai pris soin de la famille, repassé tes vêtements, préparé les repas tant de fois…
Et Jean, posant le journal sur ses genoux, la regarde en souriant et lui dit : Oui, c’est vrai… mais est-ce que tu m’aimes ?
Ô Notre Mère
Tu faisais des choses si simples dans ta vie quotidienne d’épouse et de mère : cuisiner, nettoyer, servir, mais chacune d’elles était imprégnée et débordait d’amour. Enseigne-nous, ô Notre Mère, que l’important n’est pas dans ce que nous faisons mais dans l’amour avec lequel nous le faisons. Loué soit le Seigneur !