Toujours regarder avec émerveillement. Commentaire pour les epoux : Saint Luc 4, 16-30

EVANGILE
Evangile de Jésus Christ selon Saint Luc 4, 16-30
En ce temps-là, Jésus vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre » Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : “Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire : “Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” » Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. » À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.
Parole du Seigneur.
 
Toujours regarder avec émerveillement
Il y a une phrase qui peut particulièrement nous interpeller : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? ». Les habitants de Nazareth connaissaient trop bien Jésus et, précisément pour cette raison, ils ont cessé de reconnaître qui Il était vraiment. Quelque chose de similaire peut se produire dans le mariage. Après de nombreuses années passées ensemble, nous pensons connaître parfaitement l’autre : nous savons comment il pense, comment il va réagir, ce qu’il va dire… et nous cessons de le regarder avec émerveillement et amour. Nous pouvons en venir à penser : « Je sais déjà comment est mon mari », « ma femme fait toujours la même chose ». Et alors, nous cessons d’écouter. Bien connaître l’autre ne signifie pas le connaître entièrement. L’amour a besoin de continuer à découvrir la personne qui est à nos côtés.
Il est également frappant de constater que Jésus n’est pas accepté précisément par ceux qui sont les plus proches de lui. Cela nous rappelle que la proximité ne garantit pas l’amour. Nous pouvons être physiquement très proches de notre mari ou de notre femme et pourtant avoir le cœur distant. Nous pouvons partager un foyer, un travail, des enfants et des responsabilités, mais avoir besoin de nous retrouver véritablement.
En tant que couple, nous pourrions nous poser les questions suivantes :
Mon mari se sent-il libre d’être lui-même avec moi ?
Le regarde-je encore avec admiration ou est-ce que je pense déjà tout savoir de lui ?
Suis-je pour lui une personne qui le guérit ou qui le blesse ?
Suis-je prêt(e) à accepter que Dieu veuille aussi transformer mon cœur à travers mon conjoint ?
 
Appliqué à la vie conjugale
Antoine : Lucie, je crois que dans notre couple, il y a quelque chose que nous ne devons jamais perdre : l’admiration.
Lucie : Oui. Parce que quand on est ensemble depuis de nombreuses années, on peut avoir l’impression de bien connaître l’autre et cesser d’être surpris.
Antoine : Et alors, on commence à voir davantage ses défauts que ses qualités.
Lucie : Ou bien on cesse d’apprécier ce qui nous avait fait tomber amoureux, parce qu’on s’y est habitué.
Antoine : Je veux apprendre à te regarder chaque jour comme s’il me restait encore des choses à découvrir chez toi.
Lucie : Et moi aussi, chez toi. Parce que nous ne sommes plus les mêmes qu’au moment où nous nous sommes rencontrés. Nous avons mûri, nous avons changé et nous avons encore des choses à nous offrir.
Antoine : Peut-être que c’est aussi ça, aimer : ne jamais prendre l’autre pour acquis.
Lucie : Continuer à l’admirer, apprécier ce qu’il fait et s’émerveiller de qui il est.
Antoine : Après tant d’années, je veux continuer à découvrir la femme qui est à mes côtés.
Lucie : Et moi, l’homme que j’aime.
Antoine : Car quand on cesse de regarder avec admiration, on cesse de découvrir.
Lucie : Et quand on continue à admirer, l’amour a toujours quelque chose de nouveau à dire.
 
Vierge Marie
Aide-nous à ne jamais nous habituer à la personne que Dieu a placée à nos côtés, à découvrir chaque jour ses qualités et à rendre grâce pour le don de sa vie. Que Notre Seigneur soit toujours béni et loué.

Au seuil du surnaturel – Commentaire pour les époux : Matthieu 16, 21-27

EVANGILE
Evangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu 16, 21 – 27

En ce temps-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter.
Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?
Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

Au seuil du surnaturel
Saint Jean de la Croix disait :
 » Pour arriver à goûter tout, cherche à n’avoir de goût en rien.
Pour arriver à posséder tout, cherche à ne rien posséder.
Pour arriver à être tout, cherche à n’être rien.
Pour arriver à savoir tout, cherche à ne rien savoir. »
Pierre aimait tellement Jésus qu’il s’était en quelque sorte « approprié » à Lui. Il croyait savoir ce que Jésus devait faire pour sauver Israël. C’est pourquoi ce que Jésus annonçait ne lui plaisait pas : cela ne cadrait pas avec ses projets.
Nous aussi, nous pouvons nous laisser piéger par ce que nous aimons, par ce que nous possédons, par ce que nous espérons devenir ou par ce que nous croyons savoir… et enfin rejeter Son plan, en restant sur le seuil du surnaturel et en passant à côté de rien de moins que la résurrection.
Le projet d’amour de Dieu pour notre mariage passe par le fait de porter ma croix. Et ma croix, c’est aussi cette lutte quotidienne contre les désirs et les attachements qui m’asservissent et m’empêchent d’être en communion avec mon époux et avec Dieu, qui est le Tout. Soyons courageux !!!! Dieu seul suffit.

Appliqué à la vie conjugale
Stanislas : Julie, je suis au plus bas. Chaque dimanche, j’entends : aimer son ennemi, pardonner soixante-dix fois sept, tendre l’autre joue, donner sa vie, ne pas juger, aimer comme le Christ… Et moi, je ne vis rien de tout ça. Ça me semble relever de la science-fiction. J’essaie d’y parvenir, mais je n’y arrive pas. J’ai l’impression de passer à côté de tout ce qui est surnaturel.
Julie : Je te comprends. Ça m’arrive aussi. Mais je me souviens d’une citation de saint Jean de la Croix : « Pour parvenir à ce que tu n’aimes pas, tu dois passer par ce que tu n’aimes pas ; pour parvenir à ce que tu ne sais pas, tu dois passer par ce que tu ne sais pas ; pour parvenir à ce que tu ne possèdes pas, tu dois passer par ce que tu ne possèdes pas ; pour parvenir à ce que tu n’es pas, tu dois passer par ce que tu n’es pas. »
Stanislas : Que veux-tu dire ?
Julie : Que peut-être, en marchant toujours là où nous aimons aller, là où nous connaissons bien les lieux et où nous maîtrisons la situation, nous cherchons à atteindre le surnaturel. Et ainsi, nous passons à côté de ce que Dieu nous a préparé : précisément ce que notre cœur n’a pas encore goûté et dont il a tant besoin.
Stanislas : Et comment faire ?
Julie : Et si on reprenait la prière conjugale ? On a commencé avec beaucoup d’enthousiasme, mais on a fini par l’adapter à nos goûts et à nos critères. Soyons fidèles, écoutons-Le vraiment et ayons le courage d’accepter ce qu’Il nous propose.
Stanislas : Même si cela nous mène là où nous ne voulons pas aller…
Julie : C’est justement pour ça.

Vierge Marie,
Apprends-nous à porter la croix qui nous conduit vers ton Fils. Qu’il soit béni et loué à jamais, lui qui nous a rachetés par Son Sang.

Juste et saint – Commentaire pour les époux : Marc 6,17-29

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

   En ce temps-là, Hérode avait donné l’ordre d’arrêter Jean le Baptiste et de l’enchaîner dans la prison, à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe,
que lui-même avait prise pour épouse. En effet, Jean lui disait : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère. » Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ;
quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir. Or, une occasion favorable se présenta quand, le jour de son anniversaire, Hérode fit un dîner pour ses dignitaires, pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée. La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa.
Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai. » Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c’est la moitié de mon royaume. » Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu’est-ce que je vais demander ?  » Hérodiade répondit : « La tête de Jean, celui qui baptise. » Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment et des convives, il ne voulut pas lui opposer un refus. Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison. Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère.   Ayant appris cela, les disciples de Jean vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau.

          – Acclamons la Parole de Dieu.

Juste et saint
Aujourd’hui, nous fêtons le martyr de Saint Jean Baptiste, le premier martyr pour avoir défendu la vérité du mariage.  Sa mission a été de préparer le chemin de la rencontre avec Jésus, de disposer les cœurs par la docilité à la volonté de Dieu jusqu’au don de sa vie. Il l’a fait en appelant les gens à la conversion et en prêchant la vérité en toutes circonstances. C’est ce qui a fait de lui un homme juste et saint. 
Nous aussi, en tant qu’époux, nous sommes appelés à être Jean- Baptiste pour l’autre, à nous aider à préparer nos cœurs et à nous mettre en chemin vers la rencontre et l’union avec Jésus, mais pas en imposant ou en contrôlant l’autre, parce que nous ne sommes pas la source du bien de l’autre ; la source de tout Bien, c’est Dieu. Nous ne sommes que des instruments et des administrateurs de ce Bien, nous sommes appelés à L’accueillir et à nous Le donner mutuellement. 
Mon époux est un don de Dieu, mais il ne m’appartient pas.  Aimer n’est pas posséder. Celui qui aime recherche le bien de l’être aimé et souhaite lui être agréable, en respectant sa liberté.  Le Catéchisme nous rappelle « qu’il n’y a pas de véritable liberté ailleurs que dans le service du bien et de la justice » (CIC 1733). Le libre arbitre nous permet de choisir, et la Volonté de Dieu nous montre le Bien auquel nous sommes appelés. Notre liberté atteint sa plénitude lorsque nous choisissons librement ce Bien et que nous nous unissons à la volonté amoureuse de Dieu.
C’est pour cela que nous les époux, comme nous nous promettons de nous aimer et de nous respecter tous les jours de notre vie, nous sommes appelés à vivre particulièrement ce respect quand nous accompagnons l’autre dans son chemin vers le Christ, malgré nos rythmes différents. Le mariage, c’est se donner l’un à l’autre, en mettant nos dons au service du bien commun, et nous aider mutuellement à grandir en intimité avec le Christ, sans être un frein pour l’autre et en recherchant toujours le vrai bien de notre époux et de toute la famille.
Dieu Lui-même respecte notre liberté et attend notre ‘oui’. Marie aussi, comme Mère, nous conduit vers Lui sans s’imposer. C’est pourquoi, dans le mariage, nous sommes appelés à nous soutenir sans être un obstacle, en favorisant la rencontre personnelle avec le Christ, en soignant la prière conjugale, et en cheminant ensemble, chacun à son rythme, et en aidant aussi nos enfants à parcourir ce chemin vers notre véritable objectif : le Ciel. 

Appliqué à la vie conjugale : 

Béa : Bruno, on m’a proposé d’aller à une retraite ce week-end. En priant, j’ai senti que le Seigneur me propose cela pour que je ma rapproche davantage de Lui.

Bruno : (reste en silence, mais à l’intérieur, il est blessé que son épouse veuille s’éloigner de lui tout un week-end. Le lendemain, après avoir prié, il lui dit) : Au début, j’avais envie de te dire non. Je pensais aux enfants, à tout ce qu’il fallait faire, et que ce n’était pas le meilleur moment. Mais, pour être sincère, il y avait aussi de l’égoïsme, j’avais du mal de te laisser partir et de devoir rester seul.
Béa : ah Bruno, mon chéri ! Merci beaucoup de me l’avoir dit ! moi non plus je ne voulais pas te l’imposer, je voulais le discerner avec toi, parce que ce que Dieu veut pour moi doit aussi être un bien pour notre mariage et notre famille.
Bruno : c’est aussi ce que j’ai compris après dans la prière. Tu es un don de Dieu pour moi. Et donc, si le Seigneur t’appelle à cette rencontre, je ne veux pas être un obstacle. T’aimer, c’est vouloir ton bien et respecter ta liberté. Je t’aime, Béa.
Béa : merci ! moi aussi je t’aime et si je veux y aller, c’est pour me remplir de Dieu, et non pour m’éloigner de vous. Je veux revenir le cœur plein de Lui pour mieux t’aimer toi et nos enfants.
Bruno : alors pars tranquille. Je reste avec les enfants et je te soutiens. J’ai compris que si Lui veut te faire un cadeau, cela peut aussi devenir un cadeau pour nous tous. Va te remplir de Lui et puis tu me rempliras de bien par tes baisers et tes caresses hahaha
Béa : hahaha.. D’accord, mon coeur. Merci beaucoup, tu m’aides beaucoup à préparer le chemin du Seigneur : sans nous posséder ni nous freiner, et nous rapprocher davantage de Lui. 

Vierge Marie, 

Apprends-nous à être vraiment libres, à choisir toujours le bien et la volonté de Dieu, à toujours Lui dire oui, avec un cœur doux et humble comme le Tien. Bénie sois-Tu, Mère comblée de gloire ! Loué soit le Seigneur à jamais ! 

Être dans la Grâce – Commentaire pour les époux : Matthieu 25, 1-13

EVANGILE
Evangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu 25, 1 – 13

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile.
Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.” Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.” Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.”
Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !” Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.”
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

Être dans la Grâce
En lisant cette parabole, on pourrait penser que les vierges prévoyantes auraient dû laisser une partie de leur huile aux vierges insouciantes. D’un point de vue humain, on peut éprouver de la « pitié » pour ces cinq vierges insouciantes qui ont oublié leur réserve d’huile et qui ont répondu à l’appel de l’époux sans être dûment préparées.
Mais le Seigneur nous donne ici un enseignement très profond : les vierges prévoyantes symbolisent l’attitude du croyant qui vit avec le cœur prêt pour la venue du Christ, et cette attitude est personnelle et intransférable, tout comme la foi et la Grâce. Nous voyons ainsi combien il est important de vivre dans la Grâce, prêts à rencontrer le Seigneur, sans jamais savoir à quel moment cela se produira. Alors, chers époux, soyons prêts ! Recourons fréquemment aux Sacrements, en particulier à la Confession, à l’Eucharistie et à notre Sacrement du Mariage, dans lequel la Grâce se manifeste à chaque acte de don et d’accueil. Et approfondissons notre relation sponsale et notre relation avec le Seigneur à travers la prière conjugale et personnelle. Ainsi, nous serons prêts et veillerons jusqu’à l’arrivée de l’Époux.

Appliqué à la vie conjugale
Michel : Salut, ma chérie. Comment vas-tu ? Tu as l’air très sérieuse.
Anabelle : Ouf ! Tu ne peux pas imaginer… Ma mère vient de m’appeler et m’a annoncé que mon cousin Raphaël est décédé.
Michel : Oh là là, je suis vraiment désolé. Comment ça s’est passé ?
Anabelle : Eh bien, un accident de voiture. Il se rendait à une réunion de travail et une autre voiture lui a coupé la route. J’ai du mal à y croire, c’est comme un cauchemar. Hier encore, je lui parlais et il me racontait qu’ils avaient participé à une retraite pour couples d’époux et à quel point cela avait changé leur vie. Et voilà ce qui arrive, alors que ses enfants sont encore si petits. Et tu sais ce que ma mère m’a dit ?
Michel : Quoi donc ?
Anabelle : Que Marie, qui est désormais sa veuve, est très sereine. Qu’elle a l’esprit tranquille, car ce week-end, ils sont allés à la messe et Raphaël s’est confessé. Ainsi, malgré sa grande douleur, elle a la certitude qu’il est décédé dans la Grâce de Dieu.
Miguel : Quelle foi ! Quel témoignage impressionnant et magnifique ! Si ça te va, prions pour l’âme de Raphaël, et dans quelque temps, nous irons rendre visite à Marie. Elle nous en sera sûrement reconnaissante et nous pourrons lui poser des questions sur cette retraite et sur la façon dont elle a changé leur vie. Ça doit être quelque chose de vraiment extraordinaire.
Anabelle : Merci beaucoup, Michel. J’aimerais beaucoup y aller et participer à cette retraite en mémoire de Raphaël ; je sais que cela lui aurait beaucoup plu.

Vierge Marie,
Tu es pour nous un exemple de foi et d’humilité ; aide-nous à persévérer afin que, le jour où le Seigneur nous appellera, notre cruche soit remplie de la meilleure huile. Béni soit notre Seigneur dans le Saint-Sacrement de l’autel !

Être attentifs. Commentaire pour les époux. Mt 24,42-51

Évangile.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 24,42-51

    En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Veillez,
car vous ne savez pas quel jour
votre Seigneur vient.
    Comprenez-le bien :
si le maître de maison avait su
à quelle heure de la nuit le voleur viendrait,
il aurait veillé
et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
    Tenez-vous donc prêts, vous aussi :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra.
    Que dire du serviteur fidèle et sensé
à qui le maître a confié la charge des gens de sa maison,
pour leur donner la nourriture en temps voulu ?
    Heureux ce serviteur
que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !
    Amen, je vous le déclare :
il l’établira sur tous ses biens.
    Mais si ce mauvais serviteur se dit en lui-même :
“Mon maître tarde”,
    et s’il se met à frapper ses compagnons,
s’il mange et boit avec les ivrognes,
    alors quand le maître viendra,
le jour où son serviteur ne s’y attend pas
et à l’heure qu’il ne connaît pas,
    il l’écartera
et lui fera partager le sort des hypocrites ;
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » 

Être attentifs.

Le Seigneur ne nous demande pas de deviner quand il viendra, mais de nous trouver en train d’aimer ; c’est un appel à vivre dans la vigilance, la fidélité et la responsabilité, non pas par peur, mais par amour pour le Seigneur qui vient. La meilleure préparation à sa venue, c’est la fidélité dans les petites choses : un mot aimable, un pardon offert, un service rendu avec joie. Veiller, c’est ne pas laisser la routine, l’égoïsme ou le confort refroidir l’amour, mais rester attentif aux besoins de l’autre et ouvert à la grâce de Dieu. Dans le mariage, cette vigilance ne consiste pas à attendre un événement extraordinaire, mais à être à l’écoute du cœur de son époux. Le Seigneur vient à notre rencontre dans le besoin de l’autre : dans une fatigue qui demande de la compréhension, dans un silence qui cache une blessure, dans une demande d’aide ou dans une occasion de pardonner. Le « serviteur fidèle et avisé » est l’époux ou l’épouse qui ne cesse de prendre soin de l’amour reçu. C’est celui ou celle qui n’attend pas de se sentir inspiré(e) pour servir, mais qui a fait du service un mode de vie. La fidélité conjugale se construit au quotidien, quand personne ne le remarque et que l’effort semble passer inaperçu. Nous courons le risque de penser : « Mon maître tarde à venir ». Dans la vie quotidienne du couple, cela se produit lorsque nous cessons de prendre soin de notre relation parce que nous pensons qu’il y aura toujours le temps de parler, de demander pardon, de prier ensemble ou d’avoir un petit geste d’attention. Peu à peu, la routine s’installe, l’indifférence s’empare de nous et la recherche de nos propres intérêts prend le dessus. Le cœur s’engourdit et l’amour s’affaiblit. Le Christ nous invite aujourd’hui à rester éveillés. Chaque jour est une occasion d’aimer comme Il aime. Chaque geste de don prépare notre cœur à sa rencontre et renforce l’union conjugale. La meilleure façon d’attendre le Seigneur, c’est qu’Il nous trouve en train de nous aimer, de nous servir et de marcher ensemble vers la sainteté.

 

Appliqué à la vie conjugale :

Monique : Raoul, ça fait plusieurs semaines que nous sommes très débordés au travail et on dirait qu’on n’a même plus le temps de se parler.
Raoul : Attends un instant, Monique, je dois répondre à un message sur mon portable, et ensuite on discutera un peu.
Monique : Tu vois, on dirait que le portable est la chose la plus importante, le meilleur refuge pour ne pas vouloir voir à quel point on s’éloigne l’un de l’autre.
Raoul : Tu as raison, Monique. Je pose tout de suite mon portable. Moi aussi, je m’en rends compte depuis un moment, mais je n’ai pas voulu faire le premier pas pour essayer de résoudre cette mauvaise passe. Je me suis laissé emporter par mon égoïsme, en pensant même que tu ne t’en rendais pas compte.
Monique : Ne t’inquiète pas, moi aussi je me suis laissée emporter et je n’ai pas fait grand-chose pour essayer de me rapprocher de toi ; je me suis réfugiée dans le travail et, une fois rentrée à la maison, le portable était aussi une excellente excuse.
Raoul : Ce matin, j’ai eu un moment pour lire l’Évangile du jour, cela m’a beaucoup touché et je me suis rendu compte que j’attendais depuis longtemps que tu fasses le premier pas, car je ne pensais qu’à moi. Je suis rentré à la maison avec l’intention de changer, et la première chose que j’ai faite, c’est de mettre mon portable entre toi et moi.  
Monique : Moi aussi, j’ai pris un petit moment pour méditer l’Évangile et j’ai réalisé quelque chose de similaire à ce que tu me dis. Commençons : comment s’est passée ta journée ?
Raoul : Tu es merveilleuse. Que dirais-tu si nous nous occupions ensemble des tâches ménagères, que nous couchions les enfants, puis que nous passions un moment rien qu’à nous deux, à partager ce que nous avons sur le cœur, et que nous retrouvions ainsi notre moment de prière ?
Monique : Je pense que c’est la meilleure façon de prendre un nouveau départ je vais donc te raconter tout ce que je médite dans mon cœur depuis un certain temps.
Raoul : J’ai hâte que ce moment arrive ; je t’ai laissée seule ces derniers jours et cela me pèse bien plus qu’il n’y paraît. Je commence à ranger la cuisine et à préparer le dîner.

Il ne s’est rien passé d’extraordinaire. Simplement, l’un des deux a décidé de veiller sur l’amour plutôt que d’attendre que l’autre fasse le premier pas. C’est ainsi que le Seigneur les a trouvés, formant un couple fidèle dans les petites choses.

 

Vierge Marie,

Aide-nous à être chaque jour un couple fidèle dans les petites choses et à veiller à ce que l’amour de Dieu règne dans notre vie. Gloire à Dieu