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Il t’attend – Commentaire pour les époux : Jean 4, 5-42

EVANGILE

Évangile de Jésus Christ selon Saint Jean 4, 542

En ce temps-là, Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi. Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » – En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions. La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains. Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. » Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? » Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. » Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. » La femme répliqua : « Je n’ai pas de mari. » Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en a eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. » La femme lui dit : « Seigneur, je vois que tu es un prophète !… Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. » Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. » Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. » À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ; ils étaient surpris de le voir parler avec une femme. Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? » ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? » La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? » Ils sortirent de la ville, et ils se dirigeaient vers lui. Entre-temps, les disciples l’appelaient : « Rabbi, viens manger. » Mais il répondit : « Pour moi, j’ai de quoi manger : c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. » Les disciples se disaient entre eux : « Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? » Jésus leur dit : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. Ne dites-vous pas : ‘Encore quatre mois et ce sera la moisson’ ? Et moi, je vous dis : Levez les yeux et regardez les champs déjà dorés pour la moisson. Dès maintenant, le moissonneur reçoit son salaire : il récolte du fruit pour la vie éternelle, si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur. Il est bien vrai, le dicton : ‘L’un sème, l’autre moissonne.’ Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucun effort ; d’autres ont fait l’effort, et vous en avez bénéficié. » Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait. » Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui, ils l’invitèrent à demeurer chez eux. Il y demeura deux jours. Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole à lui, et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »

Il t’attend

 Rien n’est fortuit, rien n’échappe au regard de Dieu. Il nous aime tellement qu’Il profite de chaque occasion. Jésus nous attend toujours, dans toutes les circonstances de notre vie, désireux d’engager la conversation avec nous pour nous montrer Son Cœur. Nous pouvons L’ignorer, et alors la grâce qu’Il avait préparée passera, nous L’aurons perdue. Nous pouvons engager une conversation dans laquelle nous ne parlons que des choses du monde : des choses dont j’ai besoin, des choses que je veux… mais sans laisser Jésus entrer dans notre cœur, et alors rien ne changera dans notre vie, nous ne laisserons pas non plus agir Sa grâce. Enfin, nous pouvons laisser le Seigneur entrer dans notre cœur, nous montrer notre vérité et nous conduire dans Son Cœur débordant d’Amour. Alors, quelque chose de merveilleux se produira : peu à peu, sans que nous nous en rendions compte, il transformera notre vie et fera de nous des témoins de son Amour, de son Cœur.

 

Appliqué à la vie conjugale 

Thomas : Rose, je sais que je t’avais promis de rentrer aujourd’hui. Mais mon collègue veut que je reste un jour de plus, pour profiter de notre présence ici pour visiter un endroit et dîner avec les gens de l’entreprise de ce pays…
Rose : Tu me fais toujours la même chose, tu me fais des promesses, mais tu ne les tiens jamais… J’en ai assez. Je pense qu’on devrait se séparer…
Thomas : Que veux-tu dire ? Rompre quoi, notre mariage ? Tu es toujours la même…
Rose : Écoute, laisse-moi. Je raccroche.
(Le lendemain, Rose, après avoir longtemps cessé de fréquenter la paroisse de son quartier, s’y rend comme pour répondre à un appel de son cœur. Elle y voit un prêtre dans le confessionnal. Elle se confesse alors et se rend à la chapelle du Saint-Sacrement).
Rose : Seigneur, je ne sais pas ce qui m’a amenée ici, mais après tant de temps et tant de souffrances dans mon mariage avec Thomas, c’est la première fois que je ressens une paix qui n’est pas de ce monde. Je sais que c’est après être venue ici, m’être confessée et être restée ici, devant Toi, caché dans le tabernacle. Quelle paix je ressens ici ! Maintenant, je sais que Tu m’aime et que Tu m’as toujours attendue. Et, vois-Tu, c’est la dispute d’hier qui m’a amenée ici. Maintenant, je sais où aller pour demander de la force et pour que Tu me consoles afin que mon pauvre amour pour Thomas se transforme en un amour véritable, pur. Merci Seigneur de m’avoir trouvée.

(Thomas revint et trouva une Rose différente, joyeuse et accueillante. Tous les jours, elle s’échappait un moment à la paroisse, mais cela ne le dérangeait pas, car il aimait la nouvelle Rose. En fait, quelque chose l’appelait à aller aussi à la paroisse, mais il n’osait pas encore. Cela viendra.)

 

Vierge Marie 

Toi qui as toujours Jésus dans ton cœur, apprends-nous à Le traiter, à avoir une relation intime avec Lui afin que nous vivions tout en Lui, avec Lui et pour Lui.

Foyer de la miséricorde – Commentaire pour les époux : Luc 15, 1-3 11-32

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite- moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.” Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer. Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.”
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !” Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Foyer de la miséricorde

Seigneur, dans cette parabole, Tu nous montres 3 attitudes : celle d’un père qui aime sans mesure, celle d’un fils qui pense à lui-même, et celle d’un fils juste en apparence.  Aujourd’hui, cette Parabole interpelle mon coeur et m’invite à me demander comment  je me comporte envers mon époux.  Est-ce que j’agis comme le plus jeune fils, qui laisse l’orgueil et l’égoïsme m’éloigner de lui ? Est-ce que je reconnais mes péchés et dire pardon sans détour ? Est-ce que je me lève pour revenir vers son coeur quand j’ai trahi sa confiance ? Ou bien est-ce que je me conduis comme le fils aîné, silencieux, le coeur dur, plein de jugements dans mon coeur ?  je pense que c’est moi qui fais le plus, que je n’ai jamais rien fait de mal, que je mesure tout justement mais sans miséricorde ? Ou bien est-ce que je suis capable d’aimer comme le père ? de donner sans recevoir, même quand il y a eu des fautes, et de ne pas constamment répéter les erreurs passées, mais plutôt d’accueillir dans l’amour, sans exiger d’explications, sans poser de questions, seulement en prenant mon époux dans mes bras avec miséricorde ? 

Appliqué à la vie conjugale :

Théo : Béa, il m’arrive encore parfois d’avoir honte quand je pense à mon comportement envers toi et nos filles…comment j’ai fait de notre foyer une prolongation de mon travail. Je ne faisais que travailler, j’étais obsédé par une promotion, et je disais que c’était pour vous offrir une vie meilleure, mais je vous négligeais. 
Béa : Chéri, ça a été des années compliquées;  moi, je ne faisais que prier et je demandais au Seigneur d’aller à ta rencontre parce que je souffrais de voir comment ton cœur s’endurcissait de plus en plus.
Théo : Béa, maintenant, je peux te le dire dans la joie, bon sang, Dieu t’a exaucée…j’ai perdu mon travail, et j’ai senti que tout s’effondrait autour de moi, que je ne servais à rien, et que malgré tout, c’est le meilleur qui m’attendait…tu m’as pris dans les bras comme si de rien n’était, et dans ton regard, j’ai vu la miséricorde infinie, comme si le Seigneur me disait : »Ne t’inquiète pas, tu es rentré chez toi ».
Béa : j’attendais que tu reviennes, Théo. Au moment où ton pilier central s’est brisé, je n’ai pu que rendre grâce au Seigneur, parce que tu revenais vers moi, parce que tu avais besoin de moi…et c’est depuis lors que nous avons entamé ce chemin de communion entre nous.

Théo : en réalité, tout ce que je peux faire, c’est de rendre grâce au Seigneur de m’avoir ramené à la maison.

 

Vierge Marie, 

Conduis-nous toujours par la main à Jésus, pour que notre foyer soit le reflet de Sa miséricorde et de Sa communion.  Béni et loué sois-Tu pour toujours, Seigneur ! 

Portons-nous des fruits? Commentaire pour les époux : Matthieu 21, 33-43, 45-46

EVANGILE

Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu 21, 33-43, 45-46

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
« Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage.
Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : “Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !” Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. »
En entendant les paraboles de Jésus, les grands prêtres et les pharisiens avaient bien compris qu’il parlait d’eux. Tout en cherchant à l’arrêter, ils eurent peur des foules, parce qu’elles le tenaient pour un prophète.

Portons-nous des fruits ?

Jésus l’a clairement expliqué aux pharisiens, et il nous l’explique clairement aujourd’hui à nous aussi, les époux.
Suis-je conscient du don que le Seigneur m’a fait ? Suis-je conscient qu’un don ne peut être caché ou ignoré et qu’il exige un effort ? Que fais-je du don de mon époux et du don de mon mariage ? Est-ce que je produis des fruits grâce à ces dons ?
Je dois être comme un bon laboureur qui produit les fruits de ce que le Seigneur m’a confié. Suis-je un bon laboureur ?

Appliqué à la vie conjugale

Xavier : Louise, j’ai réfléchi, et je pense que je ne fais pas tout ce que je devrais faire pour toi et pour notre mariage.
Louise : Tu sais quoi, Xavier ? Je ressens un peu la même chose… Je pense que je devrais t’aimer davantage que je ne l’ai fait jusqu’à présent.
Xavier : L’autre jour, pendant la prière, le Seigneur m’a fait comprendre à quel point c’est merveilleux de t’avoir et que je devais m’investir davantage, car je n’appréciais pas suffisamment le cadeau que Dieu m’avait fait en te mettant sur mon chemin.
Louise : Merci Xavier, tes paroles sont très touchantes. Je veux aussi faire ma part, alors si jamais je ne te traite pas avec l’amour de Dieu, dis-le-moi pour que je puisse m’améliorer.
Xavier : Je le ferai, merci beaucoup ! Que le Seigneur qui nous aime tant est bon !

Vierge Marie

Apprends-nous à être féconds et rapproche-nous de ton fils afin que nous puissions porter des fruits en abondance. Loué soit le Seigneur !

Quand un abîme s’ouvre. Commentaire pour les époux. Luc 16,19-31

Évangile.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 16,1931
En ce temps-là,
Jésus disait aux pharisiens :
« Il y avait un homme riche,
vêtu de pourpre et de lin fin,
qui faisait chaque jour des festins somptueux.
Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare,
qui était couvert d’ulcères.
Il aurait bien voulu se rassasier
de ce qui tombait de la table du riche ;
mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères.
Or le pauvre mourut,
et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham.
Le riche mourut aussi,
et on l’enterra.
Au séjour des morts, il était en proie à la torture ;
levant les yeux,
il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui.
Alors il cria :
“Père Abraham,
prends pitié de moi
et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau
pour me rafraîchir la langue,
car je souffre terriblement dans cette fournaise.
– Mon enfant, répondit Abraham,
rappelle-toi :
tu as reçu le bonheur pendant ta vie,
et Lazare, le malheur pendant la sienne.
Maintenant, lui, il trouve ici la consolation,
et toi, la souffrance.
Et en plus de tout cela, un grand abîme
a été établi entre vous et nous,
pour que ceux qui voudraient passer vers vous
ne le puissent pas,
et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.”
Le riche répliqua :
“Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare
dans la maison de mon père.
En effet, j’ai cinq frères :
qu’il leur porte son témoignage,
de peur qu’eux aussi ne viennent
dans ce lieu de torture !”
Abraham lui dit :
“Ils ont Moïse et les Prophètes :
qu’ils les écoutent !
– Non, père Abraham, dit-il,
mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver,
ils se convertiront.”
Abraham répondit :
“S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes,
quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts :
ils ne seront pas convaincus.” » 

Quand un abîme s’ouvre.

À Gethsémani, Jésus voyait tous les péchés de l’humanité en même temps, il voyait chaque rejet de Dieu, chaque ingratitude, et il a volontairement pris tout cela sur lui. Il voyait la souffrance de tant de couples, le gouffre que le péché creuse entre tant de conjoints, et il souffrait dans l’agonie. Il a pris sur lui tous nos péchés, il est devenu le plus grand pécheur pour, par son Amour, nous en libérer. Chers époux, en ces jours de Carême, quand un gouffre s’ouvrira entre vous, quand la communion deviendra difficile, quand vous serez tentés de penser qu’il n’y a pas de solution, allez chercher Jésus à Gethsémani. Vous le verrez sangloter et trembler de froid et de peur ; embrassez-le, consolez-le et dites-lui simplement : mon cher Seigneur, je ne veux plus te faire souffrir. J’accueille ton salut, je veux aimer avec toi.

 

Appliqué à la vie conjugale :

Georges : Ce matin, j’ai pris un moment pour prier devant le tabernacle. J’avais un petit livre sur le chemin de croix et je suis resté à contempler la station de l’agonie de Jésus à Gethsémani, je ne pouvais pas partir de là. Je sentais que le Seigneur me demandait de rester et de le consoler.
Louise : Est-ce que tu tiens la résolution que tu m’avais annoncée pour ce Carême, à savoir profiter de la pause café au bureau pour te rendre à l’église ?
Georges : Oui, les premiers jours, ça m’a coûté. J’avais toujours une excuse : pas le temps, un collègue qui m’invite à prendre un café… Mais le Seigneur me remplit du désir d’être avec Lui. Certains jours, je me suis contenté de regarder le tabernacle, sachant qu’Il était là. Rien de plus.
Louise : J’adore que tu partages cela avec moi. Et je veux t’accompagner, être tous les deux avec Lui. Il n’y a pas de meilleure façon d’être plus unis tous les deux.

Georges : Oui, j’adore ça. Tous les deux avec Lui dans son Cœur.

 

Vierge Marie,

Allons ensemble à Gethsémani, ne laissons pas ton Fils seul. Béni et loué soit le Seigneur !

T’aimer à travers mon époux – Commentaire pour les époux : Mt 20, 17-28

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 20, 1728)

En ce temps-là, Jésus, montant à Jérusalem, prit à part les Douze disciples et, en chemin, il leur dit : «Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort et le livreront aux nations païennes pour qu’elles se moquent de lui, le flagellent et le crucifient ; le troisième jour, il ressuscitera.» 
Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean, et elle se prosterna pour lui faire une demande. Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume. » Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Ils lui disent : « Nous le pouvons. » Il leur dit : « Ma coupe, vous la boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. » 
Les dix autres, qui avaient entendu, s’indignèrent contre les deux frères. Jésus les appela et dit : «Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave. Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

Parole du Seigneur

T’aimer à travers mon époux

Mon bon Jésus, cet Évangile fait mal. Tu viens donner ta vie pour nous, et alors que Tu le racontes à tes amis, au lieu de s’inquiéter pour Toi, ils ne s’inquiètent que d’eux-mêmes. Tu pourrais te dire : « Mais je viens de leur dire qu’on va me torturer et me tuer, et ils ne pensent qu’à leurs intérêts. Et en plus, je vais le faire pour eux, je vais payer pour leur péché afin qu’ils soient sauvés. »
Mais non, Toi, Tu regardes leur cœur et Tu vois qu’il est engourdi, qu’ils ne peuvent pas voir. En silence, Tu les excuses auprès de ton Père, Tu pries pour eux et Tu te livres. Tu ne les accuses pas ; Tu te mets à leur portée, à ce qu’ils peuvent comprendre, et Tu les aimes dans leur faiblesse.
Seigneur, que Tu étais seul. Que Tu es seul. Comme nous Te laissons seul. Comme Tu le disais : « ce Cœur qui a tant aimé les hommes et ne reçoit que des ingratitudes ». Nous ne comprenons pas. Tu nous aimes infiniment, Tu as tout donné pour nous, jusqu’à la dernière goutte de ton sang. Tu as payé la dette de notre péché. Et nous, nous pensons à nos affaires, à ce que mon conjoint me fait ou ne me fait pas, au fait que ce n’est pas juste que…
Seigneur, aide-moi à reconnaître mon péché. À reconnaître que je ne vois pas. Que le problème est dans mon cœur, pas chez mon époux. Que je ne sais pas aimer. Enseigne-moi à pardonner, à ne pas chercher à recevoir mais à donner. À aimer en toute occasion. Merci, Seigneur.

Appliqué à la vie conjugale :

Paul : Tatiana, cet Évangile me bouleverse. Je veux vraiment remercier le Seigneur pour tout son amour pour nous, et Le consoler de tant d’ingratitude. Et je sais que ce qui Lui plaît le plus, c’est que je me donne à toi sans condition.
Tatiana : Oui, Il est si bon. Moi aussi, je veux Le consoler en me donnant à toi sans rien demander en retour. Ne plus penser à moi, mais me centrer sur toi. Je veux être consciente que chaque fois que je le fais, Il sourit.
Paul : Et moi aussi. De plus, je n’ai pas su t’aimer dans ta faiblesse, et je veux le faire. Je sais que le seul chemin pour y arriver est de marcher avec une détermination totale dans une vie de prière et de sacrement.
Tatiana : Oui, et de renoncement. Je vais profiter du Carême pour faire plus d’actes de renoncement. Je sais que mes attachements sont ce qui m’empêche de t’aimer comme Dieu le veut.
Paul : Sans abnégation, ce renoncement à soi-même, dont parle le Seigneur, est impossible. Je ne suis pas capable d’aimer comme je le voudrais par moi-même. Mais en renonçant a moi-même, mon cœur se remplira de l’amour de Dieu et c’est Lui qui agira.
Tatiana : Alors, allons-y ! Aidons-nous mutuellement à parcourir ce chemin avec détermination. Pour Jésus, qui est si bon !

Vierge Marie, 

S’il te plaît, aide-nous à vivre ce Carême centrés sur la joie de ton Fils en nous donnant à notre conjoint. Béni et loué soit Dieu !