Archives de l’auteur : Esposos Misioneros
Jusqu’à ce qu’ils entrent. Commentaire pour les époux. Saint Luc 14, 15-24
Va sur les routes et dans les sentiers, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison soit remplie.
Évangile de Jésus-Christ selon Saint Luc
Parole du Seigneur
Jusqu’à ce qu’ils entrent
Ce soir-là, Marie avait préparé un dîner très spécial. Son mari Xavier arrivait dans quelques minutes après quelques jours de voyage et elle voulait lui faire une surprise, à lui et à ses enfants. Elle était allée au marché, avait choisi le meilleur, avait dépensé plus que d’habitude, mais cela en valait la peine. Elle éteignit les lumières de la salle à manger et alluma des bougies, mit de la musique, tout était pensé, cuisiné et fait avec amour. Elle appela joyeusement : « Les enfants, le dîner est prêt, venez, papa va arriver ! Elle n’entendit rien et insista à nouveau : « Les enfants, venez, papa va arriver, à table ! Mais l’un répondit : « Je n’ai pas faim ! », un autre : « Je suis en train d’étudier ! », un autre : « Je joue à la Playstation ! » et le dernier : « Je suis au téléphone ! ». Marie se retrouva seule et confuse devant la table illuminée. Elle fut alors tentée d’abandonner, d’éteindre les bougies et de dire : « Je ne vais pas insister, qu’ils fassent ce qu’ils veulent, ils n’apprécient rien ». Mais soudain, ces paroles de l’Évangile résonnèrent dans son cœur : « Insistez jusqu’à ce qu’ils entrent… ». C’est dans le silence qu’elle comprit que le Père partageait avec elle Sa douleur : la douleur de préparer un banquet d’amour et d’être rejeté. Et dans son cœur jaillit un : « Je t’aime, Père ! Je veux répondre à ton appel, et j’appellerai avec toi, sans me lasser, jusqu’à ce que toute ma famille te dise oui ». Elle se leva alors et parcourut les chambres une à une. Elle entra avec un sourire, caressa les cheveux de chaque enfant, leur donna un baiser et murmura : « Il y a une surprise pour vous dans le salon ». Les enfants, curieux, montèrent un par un. Et quand ils virent la table illuminée, la chaleur de la cheminée, l’odeur du pain, le sourire de leur mère… quelque chose les émut. Ils s’assirent et attendirent leur père tout en admirant ce qui les attendait et qu’ils avaient failli refuser. Marie les regarda avec une immense tendresse et, dans le silence de son cœur, elle demanda au Père : merci de ne pas te lasser de m’appeler.
Vierge Marie,
Tu es montée « en hâte » sur la montagne, ne tardons pas à dire OUI à l’appel de Dieu. Aide-nous, Mère !
Sans rien attendre en retour. Commentaire pour les époux : Luc 14,12-14
Parole du Seigneur
Sans rien attendre en retour.
Lorsque nous invitons quelqu’un, nous pouvons penser que nous mettons quelque chose qui nous appartient à la disposition d’autrui (notre maison, notre nourriture, notre temps…) et, par conséquent, nous le faisons avec ceux que nous apprécions. Il est également courant que ceux qui nous apprécient répondent à notre invitation, et nous pensons même qu’il est juste d’exiger une réciprocité. Cependant, le Seigneur ne suit pas cette logique. Sa justice est autre. Ce que j’ai ne m’appartient pas, mais m’a été donné gratuitement et je dois le partager gratuitement, sans attendre qu’on me rende la pareille. De plus, Jésus nous encourage à donner quand nous savons que nous ne serons pas récompensés, afin de garantir que notre intention de nous donner (sans rien attendre en retour) est authentique. Il connaît notre faiblesse. Dans notre mariage, lorsque nous nous donnons, même en sachant que notre conjoint ne nous rendra pas la pareille (à cause de son péché, de sa maladie, de son tempérament…), c’est là que nous accomplissons ce commandement de Jésus. Il y a de nombreuses occasions où cette résurrection et cette récompense arrivent dans cette vie (nous en sommes témoins dans le Projet Amour Conjugal) et d’autres où nous devrons attendre la vie éternelle. Seul Dieu le sait.
Laure : Pierre, le Seigneur nous a choisis pour être ensemble depuis l’éternité, Il ne se trompe pas et je Lui fais confiance. C’est le chemin de notre bonheur, de notre sainteté.
Vierge Marie
Je crois que tu peux renouveler toutes choses- Commentaire pour les époux : Jean 11, 17-27
Évangile de Jésus Christ selon Saint Jean 11, 17 – 27
À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère.
Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison.
Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.
Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »
Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. »
Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. »
Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »
Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »
Je crois que tu peux renouveler toutes choses
Quelques jours auparavant, le Seigneur avait dit à ses disciples que la maladie de Lazare n’était pas mortelle, mais qu’elle servirait à la gloire de Dieu ; et la foi de ses sœurs a permis à la gloire de Dieu de se manifester. Face au mal et à la mort, la foi peut tout transformer en gloire de Dieu. C’est le mystère de la Croix.
Seigneur du Ciel et de la Terre, nous te demandons avec foi que tu sauves tous les mariages, même ceux qui ne sont pas conscients d’être morts. Tu rends toutes choses nouvelles, tous les mariages.
Combien d’époux et d’épouses continuent à prier pour le salut de leur mariage, parfois contre toute espérance. Tu les soutiens et, par leur prière et leur sacrifice, la Gloire de Dieu se manifestera. Unissons-nous à eux dans cette prière incessante et accompagnons-les.
Appliqué à la vie conjugale
(Dans la prière conjugale)
Félix : Marion, je réalise maintenant à quel point notre mariage était presque mort. Parfois, je me suis même senti abandonné par le Seigneur. Mais après avoir commencé ce cheminement de construction, je sais qu’Il ne nous a jamais abandonnés.
Marion : Oui, cela m’arrivait aussi, surtout dans les moments difficiles ; je Lui demandais en quelque sorte des explications. Mais aujourd’hui, je me rends compte qu’Il est toujours là, parmi nous, et encore plus dans les moments difficiles.
Félix : C’est vrai, mais notre amour-propre nous empêche de Le voir et nous voulons seulement qu’Il tienne compte de nos critères, de notre façon de voir les choses.
Marion : Mais Il est le seul Chemin, la seule Vérité. Ce que nous avons découvert est tellement grand ! Et maintenant, nous sommes capables de voir comment Il nous a sauvés, « ressuscités », car nous étions perdus.
Félix : Et tout cela pour Sa gloire, car sans Lui, nous ne pouvons rien faire.
Marion : Les trésors qu’Il nous montre sont si grands… Comme la prière conjugale, qui m’aide tant à connaître ton cœur.
Félix : Et moi, le tien. Chaque jour, j’attends avec impatience ce moment pour partager avec toi, mon épouse.
Marion : Nous ne pouvons que remercier Dieu pour tout cela.
Ensemble : Merci Seigneur, sois loué pour toujours !
Vierge Marie
Apprends-nous à garder la foi même dans les situations les plus difficiles afin que le Seigneur puisse tout renouveler et que la gloire de Dieu se manifeste au monde entier. Gloire à Dieu !
Dans l’intimité avec le Christ – Commentaire pour les époux : Mt 5,1-12ª
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »
Dans l’intimité avec le Christ
Cet Evangile nous montre comment Jésus, en voyant la foule, s’éloigne et gravit la montagne. Il ne recherche pas la reconnaissance des foules, mais bien le silence et la communion avec le Père. Dans cette intimité, les Béatitudes jaillissent du cœur de Dieu. Dans notre vie conjugale, cette attitude du Christ nous invite, nous les époux, à gravir aussi Sa ‘montagne’ : le lieu de la rencontre avec Dieu où l’amour est purifié et devient authentique. Dans le monde où vous vivons, plein de bruit et d’apparences, le mariage chrétien n’est pas soutenu par l’effort humain, mais par la grâce qui naît du silence partagé devant Dieu, il grandit dans cette intimité ensemble en Lui. Quand nous les époux nous prions ensemble et nous nous recueillons en Lui, notre relation se transforme : nous ne vivons plus pour être vus, nous commençons à aimer en profondeur, en participant ainsi à la communion trinitaire qui donne la vie au sacrement du mariage. Quand nous les époux, nous vivons dans la prière et la miséricorde, notre amour devient fécond et donne du fruit, notre bonheur ne dépend plus des circonstances externes, mais bien de la présence de Dieu qui habite entre nous. Ainsi, nous devenons un témoignage vivant des Béatitudes, un amour silencieux, miséricordieux et rempli en profondeur de l’Amour de Dieu.
Appliqué à la vie conjugale :
Louise : Aujourd’hui à la Messe, quand le Père David a lu le « Bienheureux les miséricordieux », j’ai pensé à nous. Hier, je me suis fâchée sur toi parce que tu n’avais rien rangé après le dîner…et ce matin, en me levant, j’étais encore contrariée.
Paul : Louise, j’ai remarqué…et je me suis senti mal. C’est vrai que parfois, j’arrive à la maison fatigué et je ne pense pas à te donner un coup de main. Et ça justement, ça me fait réfléchir : être miséricordieux, ce ne serait pas aussi se pardonner dans les petites choses ?
Louise : je crois que oui. Parfois, j’imagine que la sainteté réside dans les grandes choses, mais ça commence par là : ne pas rester fâché, te regarder tendrement même si tu n’as pas fait ce que j’attendais.
Paul : Louise, dans mon cas, c’est de te demander pardon sans orgueil, c’est de reconnaître que je ne t’ai pas aidé. Peut-être que être saints ensemble, c’est justement cela : avoir de la patience, nous pardonner rapidement et continuer notre chemin.
Louise : oui…quand j’arrive à te pardonner de tout mon cœur, je ressens la paix. C’est comme si Dieu me disait : « c’est cela aimer comme Moi Je vous aime ». Et là, je comprends que la sainteté n’est pas loin, elle est dans la manière dont nous nous traitons tous les jours.
Paul : alors, aujourd’hui, notre manière de vivre les Béatitudes, c’est cela : toi tu me pardonnes, et moi j’apprends, et nous deux nous laissons Dieu nous unir toujours un peu plus.
Louise, c’est juste, mon chéri, être saints pour nous commence ici, parmi la vaisselle qui n’est pas faite et le pardon sincère.
Vierge Marie,
Toi qui fus pauvre d’esprit et qui as toujours fait confiance à Dieu, apprends-nous à vivre dans l’humilité, l’espérance et la pureté de cœur. Béni et loué sois-Tu pour toujours, Seigneur !
