Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là, une fois sortis de la synagogue, les pharisiens se réunirent en conseil contre Jésus pour voir comment le faire périr. Jésus, l’ayant appris, se retira de là ; beaucoup de gens le suivirent, et il les guérit tous. Mais il leur défendit vivement de parler de lui. Ainsi devait s’accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voici mon serviteur que j’ai choisi, mon bien-aimé en qui je trouve mon bonheur. Je ferai reposer sur lui mon Esprit, aux nations il fera connaître le jugement. Il ne cherchera pas querelle, il ne criera pas, on n’entendra pas sa voix sur les places publiques. Il n’écrasera pas le roseau froissé, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, jusqu’à ce qu’il ait fait triompher le jugement. Les nations mettront en son nom leur espérance.
– Acclamons la Parole de Dieu.
Jusqu’à la victoire
L’Evangile nous montre que le Christ ne vainc pas par la force ni par la confrontation, mais bien par la douceur, la miséricorde et l’Amour, parce qu’il ne s’agit pas de briser ce qui est abîmé, mais de le faire revivre jusqu’à ce que le bien triomphe, jusqu’à conduire le droit à la victoire. C’est ainsi que Jésus aime : Il ne brise pas le roseau froissé et n’éteint pas la flamme vacillante, Il nous aime avec une miséricorde qui nous relève, Il attend et offre d’autres opportunités.
Nous, les époux, nous sommes appelés à nous aimer de cet amour, mais parfois, quand nous découvrons la fragilité de l’autre, ses limites ou ses blessures, nous pouvons être tentés de le juger et d’exiger qu’il change, parce que cela nous dérange et que sa faiblesse et son péché nous gênent et nous blessent. Nous arrivons même à limiter notre amour si nous ne constatons pas ce changement. Le chemin que Jésus nous montre est différent, c’est un chemin de patience de de persévérance, un chemin de sauvetage de mon époux quand il le mérite le moins, alors que c’est là qu’il a le plus besoin de moi. Aimer notre conjoint, c’est apprendre à le regarder avec les yeux du Christ, et découvrir que derrière chaque limite, il y a une histoire qui requiert de la compréhension et un cœur qui attend d’être accueilli. Chaque geste de patience, chaque parole aimable et chaque pardon sincère gardent la flamme de l’amour allumée, et permettent à l’Esprit Saint de continuer à œuvrer dans notre union.
Appliqué à la vie conjugale :
Manu: aujourd’hui, en méditant sur l’Evangile, une phrase m’a marqué : « il ne brisera pas le roseau froissé, il n’éteindra pas la flamme vacillante ». J’ai pensé que très souvent, je fais juste le contraire avec toi.
Minou : Pourquoi dis-tu cela, Manu ?
Manu : Parce que je me suis rendu compte que parfois, je te vois fatiguée et plus sensible, et au lieu d’avoir pitié, je suis plus exigeant. Je vois plutôt ce qui te manque que tout ce que tu fais. Et sans même le comprendre, on dirait que j’éteinds cette petite flamme qui reste en toi.
Minou : Moi aussi, j’ai été touchée par cet Evangile. J’ai compris que quand tu ne réponds pas comme je l’attends, je te juge tout de suite et je pense que tu ne m’aimes pas assez. J’ai du mal de réaliser que toi aussi tu as tes luttes et que tu as besoin de mon regard miséricordieux.
Manu : Jésus ne se scandalise pas de notre fragilité, Il l’embrasse pour la transformer. Je crois que c’est ce qu’Il nous demande aujourd’hui : que nous arrêtions de vouloir nous changer par la force, et que nous commencions à nous soutenir patiemment.
Minou : oui, le Seigneur nous a unis pour nous aider à arriver au Ciel, et non pour peser constamment nos défauts. Quand un des deux est plus faible, l’autre est appelé à le soutenir, et pas à l’enfoncer.
Manu : Minou, et si on se donnait comme objectif de ne pas nous corriger impulsivement ? et moi, avant de dire une parole qui peut te blesser, le demanderai à l’Esprit Saint de m’aider à te regarder comme le Christ te regarde.
Minou : et moi, j’essaierai de découvrir ce qui manque chez moi pour te sentir aimé, au lieu de penser d’abord à mes besoins. Je veux soigner cette flamme que Dieu a mise dans ton cœur. Je t’aime.
Manu : merci mon Dieu pour l’épouse que Tu m’as donnée. Je t’aime, Minou.
Vierge Marie,
Apprends-nous à aimer comme le Christ nous aime, avec un cœur doux et humble, pour que dans notre mariage, cette flamme de l’amour ne s’éteigne jamais, mais que nous la nourrissions chaque jour patiemment, dans l’abandon et la confiance. Bénie et louée sois-Tu pleine de Gloire ! Loué soit le Seigneur à jamais !